Historique de la
Ferme Eugenia
 
Johanne Dubé
Profil de l'entrepreneur :
 
Johanne Dubé, propriétaire, que l'on peut qualifier d'intuitive, a expérimenté plusieurs métiers avant d'en arriver à l'agriculture.Voici quelques exemples : Photographie, reboisement, ébénisterie, chauffeur privée, etc.
 
 
     Le dessin est une de ses passions. Dans son style, une continuité, qui s'apparente au dessin de la page d'accueil (plan du site), et dans lequel on retrouve toujours des cercles. Un jour, par curiosité, son neveu à qui elle avait offert un dessin, lui demanda ce que les cercles représentaient. Après réflexion, elle lui confia que c'étaient des cellules.
 
     Quelques années s'écoulèrent et c'est en 1986 qu'elle traça un dessin sur le mur de sa chambre (plan du site). Cette fois-ci, elle fit des vagues dans un des cercles et ce, sans être vraiment consciente de ce que cela pouvait représenter. Quatre ans plus tard, en parlant avec une amie, elle apprit que les cellules sont aussi appelées "la mer intérieure". En effet, notre corps est constitué à 70% d'eau et ce sont nos cellules qui la contiennent.
 
     Autre fait étonnant, cette eau a la même teneur en sel que l'eau des océans. La cellule est donc porteuse de vie. Et si on regarde le dessin de plus près, il n'y a que près de la cellule que la vie apparaît; plus loin, ça s'apparente au désert.
 
     Son "intuition", celle que l'on retrouve traduite dans le dessin, l'a amenée à vivre et à expérimenter son agriculture de la même manière. En 1991, la ferme débute ses opérations par la vente de vers d'appâts. Elle choisit le vers africain appelé "Eudrilus Eugénia".
 
Ferme Eugénia

     Étant rendue à l'étape de choisir un nom pour sa ferme, deux idées se présentèrent. Elle pensa à : " LA FERME VERS TIGES " ; vers, pour les vers, tiges, pour les plantes, et "vertige" pour elle, car elle est souvent dans la lune. Il y avait aussi. " FERME EUGENIA" ; Eugénia.
 
     Un soir, indécise devant les deux choix, elle ouvrit le dictionnaire, en se disant qu'il devait sûrement y avoir des "Eugénie". En effet, elle en trouva, et tout particulièrement une, "sainte Eugénie", qui, disait-on, était morte martyre et dont la fête était le 25 décembre. Piquée de curiosité, elle fit des recherches afin d'en savoir plus long sur son histoire . Quelques jours plus tard, au département de théologie de l'UQAR, elle découvrit un livre qui parlait d'elle avec plus de détails. À la lecture de ce texte, toute hésitation à choisir entre les deux noms pour la ferme disparût. Elle fit son choix...
 
     En effet, on peut dire que l'histoire de cette sainte est peu banale. Nous sommes intéressés à obtenir toutes informations relatives à son histoire. eugenia@incontournable.com


Sainte Eugénie de Rome
Première version que nous avons lue à la bibliothèque de l'Université du Québec à Rimouski, version qui fût un point décisif concernant notre choix pour le nom de la Ferme.
     Au troisième siècle, Eugénie, fille de Philippe, gouverneur d'Alexandrie, décida de quitter sa famille, accompagnée des deux valets qui lui avaient été accordés. Sur son chemin, elle entendit des voix qui ouvrirent son coeur à la présence divine. C'est alors qu'elle se dirigea vers l'endroit d'où provenaient ces voix pour y demander l'asile. L'accès lui fût interdit puisqu'il s'agissait d'une abbaye n'abritant que des moines. Mais la chaleur et l'amour ressentis en son coeur la poussèrent à revêtir des habits d'homme, de prendre le nom d'Eugène et à revenir quelques jours plus tard se présenter aux portes de l'abbaye pour enfin y être acceptée, elle, ainsi que ses deux fidèles valets.
     Elle y vécut ainsi plusieurs années; on lui demanda même de devenir pasteur, position qu'elle accepta. Au fil des ans, ce moine avait développé la réputation de pouvoir guérir. Un jour, une dame, qui depuis plusieurs années n'arrivait pas à se libérer d'une grave maladie, entendit parler de ce moine qui faisait des guérisons. Elle entreprit le voyage afin de rencontrer ce moine. De cette rencontre, elle obtint effectivement une guérison. De retour chez elle, libérée des souffrances qui l'affligeaient depuis tant d'années, elle décida de faire parvenir au moine Eugène, des cadeaux en guise de remerciements.
     Lorsque les valets de cette dernière voulurent remettre les présents, Eugène les refusa en affirmant n'en avoir aucun besoin, préférant garder la légèreté et liberté de son âme. Les valets retournèrent donc avec les présents. Lorsque la dame apprit le refus du moine, elle fût saisie de colère et ordonna qu'on la conduise auprès du moine, afin de lui remettre en personne les présents qu'elle tenait tant à lui offrir. Leur rencontre fût brève. Eugène lui répéta qu'il préférait vivre d'un coeur libre et qu'il n'avait nul besoin de ces présents. La dame, offensée, fût prise d'une telle colère qu'elle accusa le moine de courtisanerie.
     Eugénie fût donc traduite en justice. Lorsque vint l'ultime moment de se défendre, elle n'eût d'autre choix, afin de prouver son innocence, que d'ouvrir sa chasuble en répondant à l'accusation :"Je ne puis l'avoir courtisée et de plus je suis ta fille", étant jugée par son père qui occupait encore ses fonctions. Son identité ainsi révélée, elle dût retourner vivre en société. Par sa façon d'être et de penser, elle influença la population sans même s'en rendre compte. Les gens se mirent alors à revendiquer des droits, ce qui donna lieu à de nombreux conflits, occasionnants ainsi plusieurs morts. La première à être assassinée fût, dit-on, sa tendre et douce amie. Les conflits ne voulant cesser, ceci poussa les autorités à donner Eugénie en exemple. On tenta alors de la brûler sur le bûcher, mais en vain, ils ne pûrent allûmer celui-ci. On essaya de la noyer en lui mettant des pierres aux chevilles, elle flotta quand même au-dessus de l'eau, suivant le courant de la rivière. Par la suite on l'enferma dans un cachot afin de l'affamer et ainsi, la laisser mourir. N'y trouvant pas la mort, la population se mit à dire qu'elle était nourrit de la main même du Christ.
     Devant tant de phénomènes surnaturels, la panique s'empara des autorités qui alors décidèrent de la décapiter durant la nuit, laissant ainsi sur la place publique son corps démembré, afin de donner un exemple à la population.
     De sa vie fut écrit un roman, l'un des plus lu par les hommes de par le monde et ce encore à ce jour.

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